Le J est cette lettre un peu pompeuse qui commence le Je et qui le fait savoir à grand coups de courbes en dessous de la ligne de flottaison et de barre de maintien horizontale ou de point flottant dans l’éther. Ecrire un J c’est aller à la pèche à l’ego.

Consonne cousine du G, déformation du I, le J n’a qu’une prononciation et demi, ce qui fait des vacances à tout le monde. Le G et le J sont pourtant liés à mort : aucun J dans le verbe « gésir » (ci git…). C’est logique : ce son est produit en étranglant le flux d’air qui vient de se frotter aux cordes vocales.
A part le Je et une flopée de prénoms, les mots ne se bousculent pas au portillon pour débuter par J. Il y a bien quelque jazzmen en jeans qui jouent juste à côté de juke-box pour les jésuites de la jet-set, quelques jeunets joggeurs qui ont mal aux jointures à force de jongler entre les joncs et les jokaris, mais à part eux, il n’y a pas grand’monde…
Je te le demande : y a -t- il un J qui te fasse jouir plus que les autres, lecteur ou lectrice ?
On this day..
- "Un talon-aiguille Christian Louboutin à travers le coeur" (Pluviose 217, ép. 15) - 2009
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