Archive for mars, 2006

Les ailes du diesel

L’autre samedi mon ange gardien devait être en combi fluo en train de snow-boarder, auréole au vent, sur les pistes de Courchevel, de Verbier ou de Crans-Montana. Et hop! Un GSM qui n’a pas été perdu pour tout le monde ! (la dernière fois c’était un réveillon et un coolpix. Décidément, à chaque fois que je fréquente les salles de fête du début de la chaussée de Louvain, borderline Madou, il est lucratif d’être dans mon sillage…)

anges

Mardi soir, mon ange gardien était de retour, bronzé, en forme et efficace :

Il est 18h50 et je suis on my way to Louvain-la-Neuve pour des activités pédagogiques. Pas tout à fait assez de kérosène pour l’aller/retour. La première chapelle s’impose : la station Shell en bas de mon avenue.

J’accoste mon destrier en métal vert le long du quai numéro 3 (retenez ce chiffre). Je me dirige vers la machine à Bancontact. Propulsé par un bas instinct de lucre, je me concentre plus sur la glissière à points Happy Days que sur le Bancontact. Et… - instant d’égarement - je sélectionne… la pompe numéro 1.

3 - three

Bizarrement, ma pompe (la numéro 3 donc) refuse de me servir. Retour à la machine. Ma carte est temporairement refusée. Je négocie avec la teenager blonde derrière le comptoir un paiement en direct (une première dans ma vie…). Je remplis à la pompe numéro 3 et entre dans la boutique pour payer.

Pendant ce temps, à la pompe numéro 1, un automobiliste, la cinquantaine de cadre ou haut fonctionnaire, le grisonnage qui a recours à l’anglais pour faire genre, fait le plein pour pas un balle. Va -t- il filer plein gaz avec le diesel que je lui offre gracieusement ? Vais-je subventionner (et à quelle hauteur ?) ses 500 prochaines kilomètres ?

Non.

Au moment où il pourrait remonter en voiture, une voix céleste et auréolée d’autorité divine lui susurre sur un ton qui ne souffre pas la réplique : Je vais te faire un rappel que tu ne vas pas refuser. Tu as besoin d’un ticket pour ta note de frais. Il nous rejoint sous les néons de la boutique.

Je vous épargne le petit sketch surréaliste qui a suivi. Sachez seulement qu’en lisant votre carte de banque, les caissiers de pompe peuvent connaître l’historique de vos transactions et imprimer toute sortes de tickets. Et que j’ai quitté avec dans mon portefeuille un billet qui correspond à ce que mon nouvel ami a mis dans son réservoir.

Mon ange gardien me tend une liasse de formulaires pincés à un metal clipboard qu’on jurerait acheté à la Ciaco.

- C’est pour la haute administration céleste. Tu sais ce que c’est…
- Non. Mais je me doute. Je signe ici ?
- Oui et encore là s’il te plaît… Tu me rappelles ta destination ?
- Louvain-la-neuve
- Oh ben… tant que je suis là, je te dégage le ring et la E411 jusque là… ça roule ?
- Tope là !

Le week-end prochain

calendario

Les mots sont des traîtres de cape et d’épée. Certains sont plus sournois ou mieux masqués que d’autres.

Le week-end prochain. Trois mots qui en apparence ne présentent rien de particulier. Les deux premiers désignent une période qui commence le vendredi soir (voire le jeudi soir) et se termine, l’occiput dans le rectum le dimanche soir (ou le lundi matin, chacun sa philosophie). C’est le troisième, l’amant dans le placard, le tiers non provisionnel, le petit dernier pour la route qui fait partir le sens en sucette.

Du lever du lundi à midi très précise le mercredi, le week-end prochain c’est le suivant (dans une semaine qui commence commodément un lundi 1, jusqu’au mercredi 3 à 12h00, le week-end prochain c’est le samedi 6 et le dimanche 7.

A partir de 12h01, les mots le week-end prochain changent de sens. Ils se mettent illico à désigner le week-end de la semaine d’après. Dans une semaine exemplatoire qui commencerait le lundi 1, à partir de 12h01 le mercredi 3, les mots le week-end prochain désignent brusquement le samedi 13 et le dimanche 14. Pour parler du samedi 6 et du dimanche 7, il faut désormais employer les mots ce week-end.

Et c’est pour cette raison que les sirènes sonnent à mercredi, certains midis.

Etonnant, non ?

M-ez vous Serge Gainsbourg ?

M

Edition spéciale pour le « M ». Il y a 15 ans (jour pour jour…), le chanteur le plus sipide de toute la langue française s’en allait, le zippo devant, pour le grand piano-bar dans le ciel (où depuis on a dù vraisemblablement installer un extracteur de fumée).

A quoi bon aquoiboniser sur cette consonne occlusive bilabiale voisée mais auss nasale (comme monsieur Gainsbourg). Je ne vais pas m’étendre mollement sur sa signification maternelle, ni allitérer ad libitum sur son physique majestueux de chapiteau, l’occasion est trop belle de laisser la parole à Lucien Ginzburg a.k.a. Serge Gainsbourg :

Dis-lui toi que je t’aime
Ou programme-moi sur I.B.M.
Je n’aimerais pas le blesser
Je m’rends compte que pour compte nous l’avons laissé
Dis-lui toi que je t’aime
Et qu’il se branche sur la F.M.

Mais aussi :

Dans le mot je t’aime
Trop de m
Et jamais un seul n
Dans amour toujours
C’est le pour
Ou le contre c’est souvent la haine
On s’dévisage
On m’envisage
Comme une fille que je ne suis pas
Je m’exile
Trop fragile
Mille et une nuit m’éloignent de moi
Dans le mot je t’aime
Tandem
Autant dm
Parfois ça brille comme un diadème
Toujours le même thème
Tandem
C’est idem
Bientôt le crash
I don’t know when
Tu es fort en thème
Math-elem
Mais en math-sup tu deviens blème
Dans amour toujours
C’est le pour
Ou le contre on récolte ce que l’on sème

(…)

gainsbourg

En matière de M, dans la musique française, la relève est assurée.

chedid : the next generation

Dis moi quel est ton mot en M que tu aimes le plus, si tu le souhaites lecteur ou lectrice, mais aujourd’hui j’ai plus envie de te demander quelle est chanson gainsbourienne (et donc forcément classieuse)- que tu préfères…

Oscar et César sont dans un bateau…

On joue un peu ?

Les votes sont rentrés. Les pingouins de Price Waterhouse sont en train de dépouiller les bulletins (espérons qu’ils n’utilisent pas une machine Diebold). Les starlettes se font vomir une dernière fois pour être sûres de rentrer dans leurs décolletés et dans le Dorothy Chandler Pavilion. Les couturiers se battent comme des chiffonniers pour prêter leur smokings à des habitués des verres fumés. L’équipe rédactionnelle de Jon Stewart (le présentateur de cette année) peaufine le monologue d’ouverture et les gags de service.

Bref, les Oscars™ approchent. Qui va gagner ? A vos bulletins… prêts ? Votez !