Avant que mon euro ne tombe j’étais comme vous : presque sur le point de trouver originale la post-it war qui a animé les bureaux cet été.
Seulement voilà… il y a quelques semaines, j’ai vu « exit through the gift shop » le film de/sur/avec/sans Banksy. (biffer les mentions inutiles)
On y fait la connaissance de Space Invader, un street artist qui colle des personnages pixelisés un peu partout sur son passage, de préférence dans des endroits improbables.
Ca ne vous rappelle rien ?
A y regarder plus près, il n’y aurait pas comme un air de famille ?
« Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant lesnazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. »
Pourquoi en rester là. Les discussions deux-point-zéro comportent d’autres cas de figure :
Point Guillotin : plus une discussion sur un fait divers dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver un point de vue favorable à la peine de mort s’approche de 1.
Point Mélenchon : plus une interview politique dure longtemps, plus la probabilité que l’homme ou la femme politique interrogé s’en prenne à son intervieweur ou aux médias en général s’approche de 1.
Point De Wever/Maingain : plus les négociations pour la formation d’un gouvernement fédéral belge progressent plus la probabilité d’une déclaration communautaire incendiaire s’approche de 1.
Autour de moi, je n’ai jamais entendu personne se vanter d’aimer la télévision. Entamez une conversation avec telle personne et elle ne confessera qu’un intérêt pour les émissions politiques. Par le hasard des réseaux sociaux, quelques semaines et quelques errements plus tard, vous lui découvrirez un doctorat en Plusbellelavilogie.
Dans une conversation, la phrase « je n’ai pas la télé » produit sur moi le même effet que le sang dans l’eau sur Bruce, le requin de Jaws. Je me jette, toute curiosité dehors sur celui ou celle (le plus souvent : celle) qui vient de la prononcer.
Ca m’a permis d’apprendre deux ou trois trucs sur le sujet :
Les gens qui-n’ont-pas-la-télé se répartissent en plusieurs catégories :
- ceux qui n’ont ni téléviseur, ni connexion internet, ni rien de tout ça : franchement, vous en connaissez beaucoup ?
- ceux qui n’ont pas de téléviseur mais se rabattent sur youtube, sur les streaming, etc.
- ceux qui ont un téléviseur mais ne l’alimentent que par une antenne. Dans mon coin, on capte à peu près potablement deux chaînes publiques francophones, deux chaînes publiques néerlandophones et une chaîne locale.
Tout ça ne nous dit pas pourquoi la télévision est…¨
… la mal-aimée ?
Parce qu’elle n’apparaît pas comme valorisant l’intellect ? Parce que les philosophes et autres intellectuels de service se relaient pour dire le plus grand mal de la télévision… de préférence sur les plateaux de télévision (auraient-ils des livres à promotionner ?).
Parce que le visionnage a lieu dans la pudeur de la sphère privée ?
Parce qu’il y a dans nos squares plus de bustes de sages austères que de bouffons drôles ?
Parce qu’on a besoin de pouvoir compter sur la sympathie d’autrui avant d’acceppter de partager un goût commun pour les clowns à paillettes ?
Commençons par le commencement, c’est à dire par un bon vieux générique des familles :
Introduction
Ca m’apprendra à vouloir faire mon Hemingway de comptoir. Ca m’apprendra à avoir trop souvent en tête la phrase d’un certain auditeur au Conseil d’Etat comme quoi, les mots les plus importants d’un roman sont ceux qui ne s’y trouvent pas. Ca m’apprendra à être tombé dans Steinbeck étant petit. Ca m’apprendra à faire phrases plates comme une tomate séchées en espérant leur donner du goût.
Les faits
Pour savoir comment un tweet a fait ça à la porte de mon logis, le mieux est de prendre les choses dans l’ordre chronologique.
3 août, 19h30 environ : je me prépare à aller à Louvain-La-Neuxe pour un apéro entre twittos. Dans ma rue, un groupe s’en prend de moins en moins verbalement et de plus en plus violemment à une femme qui n’est pas la dernière pour crier, faire des gestes menaçants, etc. En bon citoyen, j’appelle le 101. Je fais comme d’habitude : j’appelle le 112 avant de me rendre compte, comme à chaque fois, que c’est le numéro des pompiers et des ambulances.
3 août, 19h43, cachet du screenshot faisant foi : (et là, c’est le drame, c’est ici que les Athéniens se teignirent) J’envoie un tweet :
Ceux de mes lecteurs qui ont triomphé de l’école primaire devraient avoir remarqué l’infinitif. Comme vous êtes nombreux à le savoir, l’infinitif « est apte à n’exprimer que l’idée d’une action comme notion générale, sans spécifier les circonstances de sa réalisation particulière. La personne responsable de l’action à l’infinitif est « tout le monde », ou bien la personne spécifiquement concernée par l’action à l’infinitif est explicite dans la phrase.«
20h09 : Pendant mon trajet vers Louvain-La-Neuve, un de mes followers a une lecture moins grammaticale et plus anxiogène. Il me fait parvenir un message direct :
Tu va bien?? Confirme sinon je vais croire qu’il faut appl le 101 pour toi!
Je n’ai pas jugé inutile d’en avertir le web mondial mais je suis en bagnole en route vers Louvain-la-Neuve, en train d’entretenir l’espoir de pouvoir me garer gratis pro deo avenue George Lemaître, mais c’est une autre histoire.
20h42 : me voilà à Mojito-City, la ville où les cocktails tombent comme à Dixmude. Autant dire que je me consacre plus à la tablée qu’aux réseaux sociaux. Grave erreur.
21h05, les ennuis commencent :
Il y à des msgs qu’il ne faut pas écrire car ils peuvent être interpréter comme un SOS, par sécurité j’avais avertit la Police, désolé…
21h08 :
C’est n’est finalement bien aprés que j’ai fait le rapprochement du faite que tu avait fait un commentaire sur une photo d’un twitteur
(je n’ai pas l’heure exacte, mais ça doit être à peu près à ce moment que mon attention a glissé de la tablée vers mon cercle deux-point-zéro pour signaler à mon sauveur mon non-trépas d’un sobre « je vais bien ».)
21h11 :
Je suis désolé et te fait toute mes excuses si cela à pu de causer des probléme vis à vis de la Police, mais il vaut mieux une vie sauve…
Pendant ce temps, à Louvain-La-Neuve : on rigole, on s’amuse, mais c’est pas tout ça, il n’est de bonne compagnie qui ne se quitte, etc. Chouette : l’autoroute n’est pas du tout encombrée, je vais pouvoir aller dormir pas trop- Oh… Oh… Qu’est-ce que c’est que ça ?
Ah oui. Quand même.
Le lendemain matin, dites la Police il paraît que :
Conclusion provisoire
Toujours bien contextualiser ses tweets
Utiliser le critère « porte aux dimensions standard, en vente chez Brico » dans le choix de son logis.
Alors voilà, mon gros lapin, tu vas me cliquer sur ce lien : il va t’emmener vers un site qui fait des micro-crédits à des gens comme toi et moi qui ont besoin dans leur Guatemala, leur Cambodge natal d’un petit coup de pouce pour nourrir leur famille.
Un clic sur ce lien te permet de filer 25 dollars à une vraie personne, qui remboursera petit à petit.
Mais… me diras-tu, je n’ai que des euros, je ne vois pas comment je pourrais prêter des dollars… C’est là que se produit le miracle : ces 25 dollars ne sortiront pas de ta poche mais de celle de Kiva.
Tu as toujours rêver de jouer au banquier ou au directeur à la directrice du FMI pour prêter de l’argent qui ne t’appartient pas ? C’est la dernière fois que je le tanne : un clic sur ce lien est tout ce qui te sépare d’une bonne action qui ne te coutera pas un rond. Soyons honnête, si tu es nombreux à aider ton prochain, je pourrais même me retrouver avec un t-shirt en plus dans ma garde-robe. Que demande le peuple ?