Archive for the 'texpérience' Category

Bruxelles ? Gueuze !

(Puisque bxl.blog est the blogoplace-to-be cette semaine, je ne résiste pas au plaisir de partager avec le groupe ma première contribution à bxl.blog. C’est un fond-de-tiroir : un texte publié dans le recueil “Dictionnaire de Bruxelles – définitions d’une ville par les gens qui y vivent, y passent ou y travaillent” et écrit vers 1999/2000 - à l’époque où le Sud était ouvert - dans le cadre du concours “Bruxelles, qu’est-ce que c’est ?”.)

Gueuze

Bruxelles est une gueuze, une pauvrette bâtarde qui mousse doucement en faisant des ronds avec l’eau de la Senne. Pendant que, coincés dans des bulles, nous dérivons au long d’un flot d’artères souvent coagulées. Bruxelles lève les yeux vers un ciel plus sale que ses trottoirs et se demande pourquoi il ne pleut pas encore. Mais…

Bruxelles est riche. La Monnaie déploie ses velours et ses ors de part en part de plus en plus grandes. Les Beaux-Arts font les délices de nos palais. Ce n’est pas la Mort Subite qui menace les estaminets.

Bruxelles n’est pas une gueuze.
Bruxelles est une gaufre. Une pâte couleur Sablon, fermentant des excroissances aussi parallélipédiques que pavées de mauvaise foi, se répand sur un grill, découpée en quartiers inégalisés. On fait des immeubles sans casser du neuf. Ce sont les pierres les plus Ancienne de Belgique que l’on racle à la pelleteuse et Jette au panier.

A force de ne pas habiter dans un trou, on se retrouve avec la dent creuse d’avoir trop savouré les gâteries architecturales. Mais…

Bruxelles est belle. Il suffit de lever le nez plus haut que le caniveau pour voluter parmi des angelots en stuc candides, saupoudrés par des circonstances on ne peut plus atténuantes sur des façades qu’on ravale avec une boule au fond de la gorge.

Bruxelles n’est pas une gaufre.
Bruxelles est un chou. Un chou qui couche après couche cache ses secrets. Au plus on l’effeuille jusqu’au coeur, au moins le coeur du Pentagone se livre ouvert.

Ce n’est pas au Midi qu’il faut chercher 14-18, ce n’est pas dans les mers ou au Sud qu’il faut chercher les rescapés accrochés à leurs îlots. Mais…

Quand le légume est plongé dans l’eau de pluie, il suffit de suivre les indigènes dans une rue Haute ou Blaes pour découvrir une quantité au moins cinquantenaire de jardins, parcs et square.
Bruxelles n’est pas un chou. Mais alors ?

[P.S. Un grand bonjour en passant à Philippe Ernotte (si tu passes par ici...), le gourou de l'atelier de l'écriture où j'avais mes habitudes à l'époque.]

Grand Darjeeling Hotel : saison 1, épisode 3 : “donne-moi ta main”

Le troisième épisode de Grand Darjeeling Hotel est disponible. La nouvelle direction de l’hôtel étudie une solution pour que les abonnés de la première heure recoivent leurs exemplaires automatiquement. Les happy few ont été avertis par courrier privé.

Grand Darjeeling Hotel : on ouvre !

La direction et le personnel des établissements retiendra.com sont heureux de vous annoncer l’ouverture de leur première filiale de littérature hôtelière.

Grand Darjeeling Hotel c’est un feuilleton littéraire en temps réel et à flux tendu. Tous les 10 jours un nouvel épisode. J’ai en stock l’arc narratif pour deux saisons et une intuition pour la troisième. Je ne vais pas mettre la charrue avant les mots et me concentrer sur la première pour commencer.

Grand Darjeeling Hotel, c’est un PDF tout frais qui arrive par magie dans votre boîte à e-mails, à commencer par le premier épisode.

Grand Darjeeling Hotel, ça ne devrait pas être aussi profond, puissant et subtil que Six Feet Under, mais à bien y regarder y a pas marqué Alan Ball ici non plus… Mais comme même Djian s’y est mis, on va dire que c’est dans l’air du temps…

Grand Darjeeling à ouvert ses portes à l’adresse gdh.retiendra.com Rendez-vous dans 10 jours pour l’épisode 2 !

Forcément : ça va arriver…

Attention : possibilité d’épidémie langagière en fin d’après-midi.

Le mot “forcément” peut - forcément - se mettre à toutes les sauces, s’utiliser à tort et à travers, saupoudrer n’importe quelle phrase, un peu comme la neige artificielle en période de Noël (forcément).

Ce mot ne veut pas forcément dire grand’chose alors forcément, il n’y a aucune raison de se gêner.

“Pas forcément” c’est une façon élégante de ni oui ni non ni peut-être. On se demande forcément ce qui empêche le mot “forcément” de devenir cool, branché, bath, bref, de devenir le nouveau “tout à fait”. Dans une époque où la force quitte peu à peu le monde occidental pour aller construire des grattes-ciel à Shangaï, le wishful thinking va forcément pousser à répandre cette notion de force (forcément en train de se perdre) sur toutes les formes de discours.

Forcément, ça va arriver…

Tentative de post universel, livré en kit

Un blog à l’abandon ? Pas d’inspiration pour poster ? Les stats qui ressemblent au profil d’une descente olympique de Super-G ? Heureusement est arrivé ce post à vocation universelle. Il suffit de barrer les mentions inutiles et d’insérer les anecdotes ad hoc aux bons endroits.

Cher blog,

Aujourd’hui j’ai été travailler/c’était le week-end/travailler même pendant le week-end. Il faisait beau/moche/trop beau/un temps pourri/trop chaud pour la saison. Je suis arrivé à temps/en avance/ en retard/en retard à cause de [insérer anecdote de transport ici].

C’est toujours la même chose le lundi/mardi/mercredi/jeudi/vendredi, à cause de mon chef/mes subordonnés/ces connards de clients/ces crétins de fournisseurs, je dois assister à une réunion chiante/très chiante/chiantissime/qui donne envie de prendre un constipatoire pour éléphant tellement je m’y fait chier.

Et en plus [insérer prénom de collègue ici] a tenu à m’emprunter mon agrafeuse/ma perforatrice/10 euros/mon iPod, mon exemplaire de Télémoustique. Je parie que je vais encore avoir du mal à récupérer mon bien. D’ailleurs la semaine passée, [insérer anecdote sur le prêt des objets de bureau ici]

Vivement ce soir que je retrouve ma télécommande/mon amoureuse/mon mari/mon chat/mon iguane domestique/ma baleine empaillée.

Un .txt de ce post est disponible.

Ce post est né lors d’une conversation avec.

L’après-midi d’un fight

Robert Larousse et Emille Littré sont unanimes : “après-midi” est un “n.m. ou n.f.” Mais qu’en pense Google ?

Round 1 : “un après-midi” vs “une après-midi”

Vainqueur : “un après-midi”

Round 2 : “cette après-midi” vs “cet après-midi”

Vainqueur : “cet après-midi”

Round 3 : “bon après-midi” vs “bonne après-midi”

Vainqueur (de justesse) : “bon après-midi”

La conclusion s’impose : l’usage du mot “après-midi” est masculin… Chez vous aussi les gens
?

Consonnes…

Pendant ce temps, sur un canal IRC :

irma_ (*******@*************.***-***.***.******.fr) has joined #*****
[somebaudy] rm- !!
[somebaudy] ç v ?
[somebaudy] oups
[irma_] vv t t
[somebaudy] f!
[somebaudy] ç v ps ml
[somebaudy] fnlmnt ls vylls bf bf
* irma_ is now known as irma-
[irma-] v c vr
[irma-] n pt s’n pssr
[somebaudy] fclmnt mm
[layne] n pls vs vz ps trt..
[somebaudy] c’ st blggbl …

Le week-end prochain

calendario

Les mots sont des traîtres de cape et d’épée. Certains sont plus sournois ou mieux masqués que d’autres.

Le week-end prochain. Trois mots qui en apparence ne présentent rien de particulier. Les deux premiers désignent une période qui commence le vendredi soir (voire le jeudi soir) et se termine, l’occiput dans le rectum le dimanche soir (ou le lundi matin, chacun sa philosophie). C’est le troisième, l’amant dans le placard, le tiers non provisionnel, le petit dernier pour la route qui fait partir le sens en sucette.

Du lever du lundi à midi très précise le mercredi, le week-end prochain c’est le suivant (dans une semaine qui commence commodément un lundi 1, jusqu’au mercredi 3 à 12h00, le week-end prochain c’est le samedi 6 et le dimanche 7.

A partir de 12h01, les mots le week-end prochain changent de sens. Ils se mettent illico à désigner le week-end de la semaine d’après. Dans une semaine exemplatoire qui commencerait le lundi 1, à partir de 12h01 le mercredi 3, les mots le week-end prochain désignent brusquement le samedi 13 et le dimanche 14. Pour parler du samedi 6 et du dimanche 7, il faut désormais employer les mots ce week-end.

Et c’est pour cette raison que les sirènes sonnent à mercredi, certains midis.

Etonnant, non ?

Etat civil et abécédaire

Sherlock Columbo, mon médecin traitant, s’est lancé avec moi sur la piste de la cause de migraine de type «chanson populaire» (ça s’en va et ça revient, ça fait très mal mais pas longtemps…). Entre deux remplissages de formulaires Inami, il me confie qu’en Belgique il existe des gens dont le nom de famille ne comporte qu’une seule lettre.

Saluons donc Monsieur et madame O, à qui ont doit demander de raconter des histoires, monsieur X à qui on souhaite bonne chance pour sa correspondance, monsieur G qui aime faire le point, monsieur H, qui est bucheron, monsieur J qui conjugue le verbe gésir, monsieur K qui devient fécal quand il bégaie, monsieur L qui a longtemps travaillé à la Sabena, monsieur M qui écrit des poèmes, monsieur N qui vote pour un borgne parce qu’il est aveuglé, monsieur Q qui a épousé une fille Danton, monsieur R qui possède une montgolfère, monsieur S dont le boudin et le steak sont réputés dans tout le quartier, monsieur T qui aime la géomètrie… Vous envoyez d’autres à saluer ?

Merci Terry

“We need two words to replace the word ‘want.’ One word for when you just want something, and another for when you want something strong enough to change in order to get it.”

C’est une citation trouvée ici de ce garçon.